Les premiers combats de 1914 et leurs dimensions sur le Tarn et Garonne

Août 14: la bataille des frontières

 

Les Tarnais et Garonnais à la bataille de Bertrix

 

En août 1914, une des batailles impliquant des soldats tarn-et-garonnais, éclata à Ochamps, à quelques kilomètres de Bertrix, dans la forêt de Luchy (Belgique).

 

Le 1er août 1914, un ordre de mobilisation générale fut reçu à Montauban, à 15H30.

 

Le 5 août, la 33° Division, composée de différents régiments dont celui du Tarn et Garonne, rejoint la frontière belge par voie ferrée.

Les unités progressent vers la frontière belge jusqu’au 19 août et ne la franchissent que sur ordre d’alerte générale le 20 août 1914 alors que les allemands traversent à marche rapide la Belgique.

 

Les soldats arrivent à Bertrix vers 10H, le 22 août, après une longue marche, ils sont alors accueillis en héros par les belges. Mais les soldats doivent repartir vers le village d’Ochamps, où le cantonnement est prévu. Ils reprennent la route fatigués.

 

Des officiers, à Bertrix, ont été avertis de la présence massive des allemands dans les forêts voisines, les soldats pensent alors que ces propos sont exagérés. Un des colonels, prévient ses supérieurs du danger encouru s’ils traversent ces forêts. Sa hiérarchie n’est pas inquiétée, et entraine ses troupes au combat et un des généraux aurait déclaré : « Je vous amène à la boucherie ! »

 

La 33° Division s’engage donc dans la forêt de Luchy, tombe dans une embuscade, les allemands les attendent et les attaquent. Plus de 3000 hommes partent à l’assaut, les munitions sont vite épuisées, et les soldats se font taillés en pièce.

Les allemands mieux préparés et organisés que les Français, sortent victorieux du combat mais les pertes sont malgré tout importantes des deux côtés.

 

Sur les 3348 hommes ayant quitté Montauban le 5 août, seuls 524 ressortent vivants de cet affrontement.

 

Ce qui est le premier contact des soldats tarn-et-garonnais contre l’ennemi, demeura l’un des plus grands désastre humain de la 1ère guerre mondiale pour notre région.

 

Marie et Christelle

 

BERTRIX

X

Ferdinand Féral,un caussadais à la bataille de Bertrix

 

Ferdinand Féral est né le 10 Septembre 1892 à Montricoux. Il habite le 10 avenue Jean Jaurès à Caussade.

 

Ferdinand Féral quitte sa maison suite à un appel sous les drapeaux, le 10 Octobre 1913. Il fait parti du 29ième bataillon, 5° compagnie.

Il ne quittera Montauban que le 5 Août 1914 à 21 heures avec son unité suite à la mobilisation générale.

Son unité est sous le commandement du Capitaine de Juncarot et du Lieutenant de Faramont.

Le commandant Feyre assure la conduite du Bataillon.

L’unité débarque à Suippes le 7 août à 17 heures. Elle cantonne avec l’Etat Major à Souain. Comme ses camarades Ferdinand traversera les Ardennes à pied pour arriver, après avoir franchi la frontière franco-belge à Sachy il fera, sans le savoir, une dernière halte sur la Grand place de Bertrix ou la population belge accueillera nos troupes en sauveteur. Ces derniers, fourbus, apprécieront les collations distribuées par la foule.

 

Peu de temps après, le deuxième bataillon sera engagé en arrière garde où il s’intercalera entre des unités d’artillerie. Il subira le même sort que l’ensemble des unités impliquées dans la Forêt de Luchy.

Ferdinand sera blessé et lors du retrait de son unité fait prisonnier par les soldats Allemands.

 

Il sera prisonnier jusqu'au 19 Janvier 1919 date de sa libération, dans les camps de : Hordruf, Munster, Soltau et Hamel, dans lesquels il pratiquera le travail forcé. En commando il effectuera des coupes de bois dans les forêts domaniales avec d'autres compagnons d'infortune.

 

Margot, Léa

Deux batailles au tournant de 1914

Du 26 Août au 12 septembre

Tannenberg

26 au 30 Août

La Marne

5 au 12 sept

La première bataille de la Marne à l'Ouest

 

Elle a commencé le 5 septembre 1914 et s’est terminée le 12 du même mois. Elle se situe de part et d’autre de la Marne entre Paris et Verdun.

 

La bataille de la Marne commence lorsque que les soldats franco-britanniques cessèrent de battre en retraite au niveau de la Marne .

Cette bataille ce divise en cinq engagements plus restreints qui s’étendent de l’Ouest vers l’Est.

 

De violents combats eurent notamment lieu dans les marais de Saint-Gond entre la 9ème armée française du général Foch et la IIIème armée allemande de Von Hausen, ainsi que le long de l'Ourcq.

Profitant de l'avancée de Von Kluck vers le sud-est, les troupes franco-britanniques dirigées par les généraux Maunoury, Franchet d'Esperey et French parvinrent à créer une brèche de plusieurs dizaines de kilomètres au sein des lignes allemandes.

A l'initiative du général Gallieni, commandant de la place de Paris, 700 taxis parisiens furent réquisitionnés afin de pouvoir amener le plus vite possible plus de 4000 soldats pour tenir les positions et conforter cette brèche. Devant le risque de scission de son armée en deux parties, Von Moltke général en chef allemand donna l'ordre de repli le 10 septembre.

 

La victoire française ne fut toutefois pas totale. Si l'offensive allemande avait été stoppée et repoussée et si la bataille de la Marne marqua un véritable sursaut pour l'armée française, les allemands parviennent à s'établir et s'accrocher sur la ligne de l'Aisne.

Si elle ne fut pas une victoire totale, la bataille de la Marne mais provoqua un énorme retentissement parmi des alliés et remonta fortement le moral des soldats franco-britanniques. Elle marqua l'échec définitif des plans initiaux allemands.

 

C'est ainsi que la guerre fut repensée d'un côté comme de l'autre : une guerre qui sera longue et se caractérisera par une guerre de positions. A la période des grandes offensives succèdera donc celle de la "guerre de tranchées ou de positions".

 

Pierre, Antonin, Rémi, Lucas

 

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Emile Gasc au 10°Dragons

La guerre change de visage: les premières tranchées fin 14

 

Dès 1914, pour se protéger des tirs et de la vision de l’ennemi, les soldats se réfugient dans des trous d’obus et creusent des abris de fortune qui reliés entre eux forment les tranchées. Au fil des mois, les tranchées sont consolidées. Elles nécessitent un entretien permanent, les travaux de terrassement font partie des corvées des poilus qui manient aussi bien la pelle que le fusil.

 

Les tranchées sont composées de plusieurs lignes, distantes de quelques centaines de mètres, reliées par des « boyaux » sinueux . Elles sont creusées à une profondeur d’environ 2 mètres et surmontées d’un parapet élevé avec des sacs de sable. Parfois, des fagots consolident les parois et des rondins de bois recouvrent le sol.

 

Une tranchée de première ligne était creusée en zig zag, ou en ligne droite entrecoupée de créneaux pour éviter les tirs en enfilade. Elle a trois fonctions principales : on y fait feu contre l’ennemi, c’est le tremplin pour les attaques de fantassins, et en cas d’attaque c’est la première ligne de défense pour repousser l’assaut ennemi. On y trouve donc de nombreux postes de tir et de guet, des nids de mitrailleuse et quelques abris qui sont souvent très sommaires.

 

La première ligne est la plus exposée et les soldats y étaient (théoriquement) régulièrement relevés.

Un peu plus en arrière (70 à 100 m derrière la première ligne), une tranchée de seconde ligne sert de repli et d’appui ou de base pour une contre-attaque. On y trouve des abris, parfois profonds et couverts, des postes de guet et de soins sommaires.

 

Encore plus en arrière (de 150 m à parfois 2 km de la première ligne), une troisième ligne (tranchée de réserve) était en théorie plus sûre, servant de chemin de ravitaillement ou le cas échéant de chemin de retraite. Cette zone était néanmoins souvent exposé à l’artillerie ennemie à longue portée. Fréquemment, il ne s’agissait pas d’une vraie tranchée mais d’une zone de stockage de vivres, matériels et munitions, plus ou moins protégée ou fortifiée, où les soldats pouvaient aussi prendre un peu de repos. Chaque ligne était reliée aux autres par des boyaux également creusés dans le sol, parfois aménagés en chicane pour être mieux défendus.

 

Le no man’s land sépare les lignes de tranchées ennemies. Il est large d’environ 50 à 200 mètres. Il est renforcé par un matériel spécifique, barbelés ou séchoir, pieux. C’est la zone où se font les attaques, où de très nombreux soldats meurent parfois après une longue agonie car il est trés difficile de les secourir.

 

Louise, Chloé , Caroline

 

A Albanie, 4 août 1914:

Ne me retiens pas! Vois, l’heure s’avance.

L’appel du clairon vient de retentir,

Le vibrant appel à notre vaillance.

Ces pleurs seraient vains; laisse-moi partir.

Je ne suis plus rien qu’un soldat de France;

Pour les fiers combats, je m’en vais m’unir

A ceux qui, là-bas, font de leur souffrance

La Gloire et la Paix des jours à venir.

Dans l’épreuve, sois forte et courageuse,

Et ne te plains pas d’être malheureuse

Quand, autour de toi, les cœurs sont en deuil.

Plus tard sonnera l’heure d’allégresse;

Pour le devoir fait aux jours de tristesse,

Nous nous aimerons avec plus d’orgueil ».

 

Henri Blanc

 

Depuis deux jours, le beau temps est revenu. La neige a fondu rapidement. Il est difficile d’imaginer la boue des tranchées. Malheur à celui qui fait un faux pas sur le clayonnage du fond. Il s’enlise jusqu’aux genoux Je ne suis pas trop à plaindre. Si la bonne vie de l’arrière-front est finie, je ne suis pas dans la fournaise de Verdun. Les Boches sont bien reçus quand ils osent se frotter à nous!

 

J’ai ma « cagna » qui communique avec celle du capitaine, une petite table, un lit de paille, une bougie, de l’encre, une peau de mouton, une couverture. Qu’est ce qu’il me faudrait de plus ? Que Papa ne soit pas jaloux si je t’adresse ma lettre à toi, mais j’ai eu tant de plaisir à recevoir une lettre de ta main, avec tes fleurs, que j’ai voulu t’en remercier tout de suite, afin que tu recommences, toi ou lui ».

 

13 mars 1916

 

« Mon cher Pierrot, c’est aujourd’hui la Saint-Pierre; il faut bien que je te souhaite une bonne fête. C’est ce que je fais en t’envoyant mes meilleurs baisers. Ici, dans notre coin où l’on parle maintenant autant l’anglais que le français, il ne fait pas beau temps. C’est peut-être parce que nous campons sous la tente qu’il pleut à torrents. Le canon gronde jour et nuit, et les Boches ne doivent pas être à la noce.

 

29 juin 1916

X

Henri Blanc capitaine de l'USM avant la guerre

(Union Sportive Montalbanaise)

 

La vie quotidienne d'un poilu à travers ses expressions

 

La vie dans les tranchées a été particulièrement difficile pour les poilus entre la guerre qui fait rage en surface et les conditions de vie très rudes.

Les poilus subissaient des marmitages(bombardements) de l'artillerie fait par les artiflot et l'utilisation du lance-fammes qu'utilisaient les petroleurs.

Les armes françaises étaient désignées par des prénoms comme la Rosalie (baïonnette) et Bertrand (grenade à gaz).Elles avaient aussi le noms d'animaux avec l'abeille qui est le bruit des balles et le frelon qui désigne un avion.

 

Les soldats vivaient dans des situations affreuses puisqu'ils ne pouvaient pas se laver pendant leur tour de relève ni écraser qui signifie dormir beaucoup et avaient des totos (poux).

La nourriture était cuisinée par le canon à rata (cuisine roulante):ils mangeaint souvent de la rata accompagnée de barbaque (viande) soit du singe (boeuf) ou de l'ours ' cochon) servis dans une gamelle en bois ou en métal, accompagnés par de l'antidérapant (vin) ou de jus (café). Ils dormaient dans les casemates (abris) avec une couvrante (couverture) sur les epaules.

 

Les poilus auront vécus une guerre aux souffrances quotidiennes immenses et qui fit énormément de morts .

 

Manon, Marina, Camille

 

Le plan de bataille de Tannenberg, en bleu les forces russes, en rouge les forces allemandes qui éxécutent un mouvement en tenaille brisant le gros des forces russes

 

« Les premiers combats de 1914

et

leurs dimensions sur le Tarn et Garonne »

 

Sommaire

 

La bataille des frontières, les tarnais et garonnais à la bataille de Bertrix (Belgique)

 

Ferdinand Féral, un caussadais à la bataille de Bertrix

 

Deux batailles au tournant de la guerre en 1914:

 

-La bataille de Tannenberg à l'Est de l'Europe

 

-La bataille de la Marne à l'Ouest de l'Europe

 

Le 10° Dragons de Montauban à la bataille de la Marne

 

Emile Gasc, montalbanais au 10° Dragons de Montauban

 

La guerre change de visage: les premières tranchées fin 14

 

Henri Blanc, un instituteur montalbanais témoigne de l'enfer des tranchées

 

La vie quotidienne d'un poilu à travers ses expressions

 

 

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Deux batailles au tournant de la guerre en 1914

 

La bataille de Tannenberg à l'Est de l'Europe

 

Elle s'est passée du 26 au 30 août 1914. Les armées impériales russes envahissent rapidement la Prusse-Orientale avec Königsberg pour objectif. La première contre-attaque de l'armée allemande est repoussée le 20 août . Après cette défaite, le commandant allemand du secteur Maximilian Von Prittwitz ordonne la retraite sur la Vistule, concédant ainsi la totalité de la Prusse-Orientale aux Russes, à Berlin c'est la panique.

 

Le 23 août 1914, Paul Von Hindenburg prend le commandement de la 8e armée et reprend l'offensive.

Ayant appris que les deux armées russes sont séparées et que les deux généraux se détestent, les allemands laissent une mince ligne de troupes face à la première armée puis ils coupent les lignes de ravitaillement et de retraite derrière la seconde armée, qu'ils laissent avancer vers le Nord

 

La stratégie des Russes consiste à prendre en tenailles l'armée de Hindenburg. Cependant, les troupes russes sont incapables de poursuivre les fuyards. En effet, la campagne en Prusse-Orientale a été montée si rapidement que d’importants problèmes de logistique n'ont pas été réglés : les rations et les munitions peinent à parvenir au front. Les moyens de communications sont très médiocres, et facilitent grandement la tâche des décrypteurs allemands. Et les deux armées russes se dissocient de plus en plus dans leur avance, les allemands en profitent pour les attaquer séparément et les écraser.

L'offensive russe est brisée, les allemands sont vainqueurs à l'Est mais quelques jours plus tard c'est leur offensive à l'Ouest qui est stoppée lors de la bataille de la Marne.

 

Dorian, Antonin, Lucas, Bastien

 

 

 

La vallée de la Marne

Le X°Dragons de Montauban sur la Marne

 

La première bataille de la Marne qui eut lieu du 6 au 12 septembre 1914 vit combattre le 10eme régiment de Dragons, c’est une unité de cavalerie de l'armée française.

Elle a était mise au point en 1674 par le comte de Tressé, qui est aussi nommé sous le nom « Tressé de Dragons ». En 1685, elle devient le « Mestre de Camp Général ». Ensuite vers 1791, il est transformé sous le nom du « 10° régiment de Dragons » il est stationné à Montauban.

 

Lors de la déclaration de guerre, l'unité de cavalerie est placée dans l'Est entre la Lorraine et la Champagne. Aprés l'échec de la bataille des frontières le X° Dragons se replie en bon ordre vers l'Ouest. Il fait partie des unités regroupées sur la Marne pour stopper l'offensive allemande.

 

Pendant la Bataille de la Marne, le régiment est dirigé dans la région de Champcenest. Il participe à la reprise de Contancon le 6 septembre, il franchit le Grand Morin et se porte sur Saint-Barthelemy. La poursuite de l’ennemi le mène à Villers-les-Mallet, Mont-Dauphin, Epine-au-Bois.

Le 10, il est à Verdilly puis va stationner près de Oulchy le Château avant de se porter dans le secteur de Sissonne ou il combat à Fismes le 12 septembre. Le lendemain il passe l’Aisne à Pontavert et prend à revers les troupes ennemies au sud de Craonne. Le 17, le régiment retraite à Maizy et se positionne au sud de l’Aisne près de Merval.

 

Aprés cette bataille il est transporté près de

Paris, reconstitué il va participer aux combats de la "course à la mer " que se livrent alliés et allemands pour tenter de se déborder par l'Ouest. Il combattra en Artois, dans les Flandres en octobre et novembre 1914.

Léa, Chloé, Emma, Andréa

 

Emile Gasc, soldat au X° Dragons de Montauban

 

Émile GASC est né à Montauban (82) en 1896. Il exerce la profession de cultivateur au moment de l'entrée en guerre. Mineur il n'est pas appelé sous les drapeaux, mais il s'engage comme volontaire pour ses 18 ans, le 31 décembre 1914 et il est intégré au 10° régiment de Dragons de Montauban.

 

Après 10 mois de préparation au casernement de Montauban, il rejoint le front et intègre le groupe cycliste du 2° Corps de Cavalerie le 22 novembre 1915.

 

Blessé le 14 juillet 1917 par des éclats d'obus dans le secteur de Mareuil-sur-Ay en Champagne près d'Epernay. Il est réformé.

 

Il sera cité à l'ordre de l'Armée, recevra une croix de guerre avec palme et la médaille militaire pour avoir fait preuve d'un courage admirable en ramenant son chef de section et deux camarades blessés, sous un feu d'une extrême violence et sera grièvement blessé à son tour, il avait à peine 21 ans au moment des faits.

 

Charles , Mathieu

Henri Blanc,un instituteur montalbanais témoigne de l’enfer des tranchées

 

Henri Blanc était un soldat, né le 4 Aout 1889 et mort le 8 juillet 1916, il faisait de rugby a l’U.S.M ( Union Sportive Montalbanaise ) et était instituteur lors de la mobilisation.

 

Henri Blanc aurait dû se marier en Septembre 1914 avec Albanie sa fiancée. Le 4 Août 1914 Henri écrit un poème decerné à Albanie, lui disant qu’il doit aller servir son pays.

 

Grâce à ses lettres adressées à sa famille, Henri Blanc a pu nous faire partager sa vision et l’enfer de la vie dans les tranchées. Il raconte ses longues marches sous le soleil brûlant, ses batailles, ses blessures, sa vie quotidienne au fin fond des tranchées entre cadavres et boues, avec la peur constante d’une prochaine attaque allemande.

 

Extrait d’une lettre du 13 Août 1914 :

« Mon capitaine fut tué, un lieutenant aussi. Je suis tombé un des premiers, et j’ai failli rester entre les mains des Boches. Je ne me suis sauvé que par un miracle d’énergie qui m’a permis de me tenir sur mes jambes, quand les Prussiens sont venus sur moi, d’en fusiller un, presque à bout portant, et d’en enfiler un deuxième qui voulait m’achever.

J’ai essuyé un feu de peloton, mais j’ai couru plus vite que les Boches, malgré une balle d’obus dans le haut de la cuisse. Ils m’ont manqué, les maladroits, à 10 mètres, n’ont réussi qu’à me coller une balle dans le coude, et une autre dans un doigt, toujours à gauche ! J’ai fait huit kilomètres en 6 heures avant de me faire panser. J’étais à bout et l’on a dû me faire faire le voyage sur un brancard. Le sang perdu m’avait épuisé. Maintenant, je suis retapé. Bien soigné, bien dorloté, je guéris à vue d’œil ».

 

Sa lettre du 8 juillet 1916 sera sa dernière, il succombera a ses blessures quelques heures plus tard.

 

Salomé, Louna

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