Krieg und briefe

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Côté allemand

 

" KRIEG UND BRIEFE "

 

AM ANFANG…

 

Louis Maufrais

A sept heures, le train était à quai. Il fallait voir les barbouillages à la craie qu’il y avait dans ces wagons. Partout on lisait : « A Berlin, mort aux Boches ! » Dans le nôtre, une tête de Guillaume II était dessinée, avec son casque et ses moustaches pointées à la verticale, assortie d’une inscription inattendue : « Guillaume cocu ».

 

Heinrich von Helldorff

Es ist eine herrliche1 Reise. Wunderbares Wetter. Wir sitzen lange Strecken2 auf den Maschinengewehren3, die auf den offenen Wagen stehen. Wie einer sagte : « Man sieht nochmal alles, was man verteidigen4 soll. » Enorme Begeisterung5 überall. Wenn Du noch dabei wärst, wäre es die schönste Reise, die ich je gemacht habe.

 

Joseph Delteil

Des détachements passaient, et chaque fusil avait droit à une fleur, et chaque soldat avait droit à un baiser. Les femmes devenaient molles à vue d’œil. Leurs robes ne pouvaient plus contenir leur cœur. Elles se sentaient mille devoirs d’amour.

 

Carl Zuckmayer

In der zweiten Augustwoche, in der nach den Sommerferien die Schule anfing, werden alle Oberprimaner6, die sich kriegsfreiwillig7 gemeldet hatten, von ihrem Truppenteil für einen halben Tag beurlaubt8, um das Notabitur zu absolvieren. Für uns war das Ganze ein gewaltiger Spaβ9. Die Uniform gab auch dem schlechtesten Schüler noch einen Zug von Manneswürde10, gegen die der Lehrer machtlos11 war. Er konnte einen jungen Krieger, der bereit war, sein Leben dem Vaterland zu opfern12, nicht wegen mangelnder Kenntnisse in griechischer Grammatik durchfallen lassen13. Das Abitur, der Schreckenstraum vieler Jugendjahre, wurde zu einem Familienfest.

 

 

 

ANKUNFT IN REALITÄT

 

Auguste Chapatte

Les tirs de démolition vont crescendo ; une pluie de mitraille s’abat sur l’Hartmann. Il semble impossible que quelque chose puisse résister à un tel déluge de feu ! Dans nos gourbis nous attendons l’heure H, l’heure du cruel destin ! 14 heures 15, quinze minutes nous séparent encore de l’heure de l’attaque. Dans chaque escouade on distribue le traditionnel stimulant : la gnole. La ration est forte. « Ça va nous donner du cœur au ventre », dit l’un de mes poilus. « Cette gnole est le verre de rhum du condamné à mort », ajoute un autre.

 

 

Richard Hoffmann

Beim Morgengrauen erreichten wir einen Bahnhof an der deutschen Grenze, längs des Weges Zeichen14 des Kampfes, zerstampfte Äcker15 ; im wüsten Wirrwarr16 allerhand Kriegsgerät, Leute, die die letzten Gefallenen begruben und in der Luft der penetrante Geruch17 des Schlachtfeldes18. Wir durchstöberten19 einige Tornister20, überall Briefe und Karten, französische und deutsche, an die Lieben daheim mit dem hoffnungsvollen Schluβ auf ein gesundes Wiedersehen. Die sie schrieben : tot.

 

 

Abel Ferry

Pas un arbre qu’un obus n’ait pas coupé ; dans ce printemps verdoyant, la terre est d’une stérilité volcanique. La plaine est verte, les bois sont verts. Elle, elle est noire et retournée ; partout des cratères, des trous énormes, où l’on ensevelirait une escouade. Les tranchées sont construites en cadavres. Partout des pieds, des mains dépassent. On ne reconnaît plus les Allemands des Français qu’aux bottes. Cinquante mille hommes sont tombés là ; huit à dix mille sont peut-être ensevelis dans la boue de ces deux kilomètres carré. Comme je voudrais être près de toi, mon amour. Quel repos ! Toi seule je t’ai toujours aimée, toi seule as été la pensée profonde et unique de ma vie. Toi seule je t’ai toujours aimée. Toi seule as été ma douce joie. Je n’ai aimé que toi.

 

 

 

DER ANDERE

 

Hugo Müller

Es war hochinteressant, die Brieftaschen der gefallenen und gefangenen Franzosen zu studieren. Genau wie bei uns kehrt die Frage21 oft wieder : « Wie denn soll das noch enden ? » Zu meinem Erstaunen22 las ich eigentlich nie gehässige Bemerkungen23 über Deutschland und die deutschen Soldaten. Mit jedem Brief hofften24 Mutter, Frau, Kinder, Freunde, deren Photgraphien oft dabeilagen, auf fröhliche Rückkehr, auf baldiges Wiedersehen- und jetzt liegen sie alle tot25.

 

Gaston Top

J’étais là, accroupi près de mon téléphone, ma jumelle braquée à travers un créneau, quand tout à coup j’entends, d’en face, une voix qui crie : « Hep, hep, camarades français ! On peut sortir ? » En même temps un mouchoir s’agite frénétiquement au-dessus de la tranchée boche ! Un de nos fantassins agite le sien et immédiatement un grand corps se lève à 20 mètres, puis deux, puis trois, la pipe à la bouche et les mains dans les poches ; les nôtres en font autant… et l’on cause ! Le Prussien qui a crié le premier et qui parle avec le plus pur accent parisien, un ancien garçon de café de Paris, tient le crachoir !

« Eh bien, vous avez bien dormi, hein ?

- Oui, pas mal !

- On vous a laissés bien tranquilles, on n’a tiré que pour la forme !

- Ca, c’est vrai !

- T’as des enfants, vieux ? »

Ma parole, ils allaient s’inviter à dîner, quand tout à coup un obus de 75 arriva en sifflant, détruisant l’armistice.

 

VOKABELN

1herrlich : magnifique

2Strecken : étendue

3Maschinengewehren : mitrailleuses

4verteidigen : défendre

5Begeisterung : enthousiasme

6Oberprimaner : élèves de première

7kriegsfreiwillig : volontaire pour la guerre

8beurlaubt : en congé

9gewaltiger Spaβ : un immense plaisir

10Manneswürde : dignité masculine

11machtlos : sans pouvoir

12 opfern : sacrifier, offrir en sacrifice

13durchfallen lassen : recaler

14Zeichen des Kampfes : des signes du combat

15zerstampfte Äcker : champs piétinés

16Wirrwarr : agitation générale, chaos

17Geruch : l’odeur

18Schlachtfeld : le champ de bataille

19durchstöbern : fouiller

20 Tornister : sacs

21die Frage : la question

22Erstaunen : la surprise

23 gehässliche Bemerkungen : des remarques haineuses

24hoffen : espérer

25 tot : mort