Le traité de Brest-Litovsk et l'Ukraine

 

 Le traité de Brest-Litovsk et l'Ukraine

 

Le traité de Brest-Litovsk fut signé le 3 mars 1918 entre les gouvernements des empires centraux, menés par l'Empire allemand et la jeune république russe bolchevique, issue de la Révolution d'Octobre en Russie, dans la ville de Brest-Litovsk et mit fin aux combats sur le front de l'Est.

 

Le contexte

 

Dès le début de l'année 1917, la population russe, dans son immense majorité souhaite la fin de la Première Guerre mondiale. Ce désir de paix est une des causes immédiates des deux Révolutions russes.

Il faudra attendre la Révolution d'Octobre et l'arrivée au pouvoir des bolcheviks pour qu'un décret de paix soit ratifié par le Congrès des Soviets le 26 octobre 1917.

Le 7 novembre, Trotsky, en tant que commissaire du Peuple aux Affaires étrangères, propose aux Alliés et aux Empires d'Europe centrale une paix générale ; le lendemain, le Reich est le seul belligérant à donner suite au télégramme envoyé la veille.

Pour l'Empire allemand, une paix séparée permettrait de se concentrer sur un front unique à l'ouest, où l'apport de troupes supplémentaires pourrait être décisif.

Les pourparlers débutent à Brest-Litovsk le 22 décembre 1917 entre la délégation russe et une délégation de représentants du Reich et de ses alliés.

Parallèlement aux négociations avec la Russie se déroulent des négociations avec l'Ukraine qui souhaite voir reconnaître son indépendance par les puissances centrales, mais en pleine guerre civile entre le gouvernement de Karkhov, d'inspiration bolchevik, et le gouvernement issu de la Rada.

 

(La Rada centrale ou Tsentralna Rada est un corps représentatif constitué en 1917 à Kiev pour gouverner la République populaire ukrainienne, qui mène d'abord une politique autonome par rapport à la Russie avant de devenir un État entièrement indépendant. Durant sa brève existence, de 1917 au 29 avril 1918, la Rada centrale, qui est dirigée par l'historien ukrainien Mykhaïlo Hrouchevsky, est l'institution fondamentale qui gouverne la République populaire ukrainienne. Elle constitue un précédent de démocratie parlementaire et d'indépendance nationale.

 

Des négociations séparées et difficiles

 

Les dernières négociations, à la fin du mois de février 1918, se déroulent dans un climat marqué par l'augmentation constante des demandes allemandes .

Le traité de paix avec l'Ukraine, qui reconnaît l'existence du gouvernement de la Rada, mis à mal par la prise de Kiev par les troupes bolcheviques du gouvernement de Karkhov, n'est pas reconnu par le gouvernement russe, puisque, selon lui, l'Ukraine fait encore partie de la Russie .

 

Cependant, le pays est alors en pleine guerre civile entre le gouvernement de la Rada, qui a signé le traité, et le gouvernement de Karkhov, soutenu par les Bolcheviks  obligent les puissances centrales à intervenir dans la guerre civile ukrainienne.

 

La signature des traités

 

Le 6 février, le traité de paix entre l'Ukraine et les puissances centrales, est signé, malgré l'opposition du gouvernement bolchevique russe et de celui de Karkhov. Sa ratification est soumise, du côté autrichien, par les livraisons auxquelles s'est engagé le gouvernement de la Rada.

Le traité avec la Russie, que les représentants russes, revenus le 26 février, se refusent à examiner, est signé le 3 mars 1918, sous la pression de l'avance allemande qui a repris au mois de février. Il est ratifié le 18 mars par les Russes après de violentes discussions sur les conditions très dures imposées par les empires centraux ( pertes de vastes territoires, indemnité de guerre de 94 tonnes d'or , fournitures de denrées et de matières premières).

La défaite de l'Allemagne et de ses alliés annulera en partie ces conditions mais durant la guerre civile russe (1918-1921), l'Armée rouge reprit l'Ukraine et la Biélorussie.

 

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