Les Echos de la Cagna Journal des tranchées réalisé par les élèves

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« Les Echos de la Cagna »

 

Journal de tranchées réalisé par les élèves de 3°B et C

 

 

* La cagna: argot militaire désignant l'abri dans la tranchée

Novembre 2015

Les Echos de la Cagna

(cliquez sur le lien pour le découvrir)

Journal des tranchées librement inspiré de ceux de 14-18

 

 

RAPPEL HISTORIQUE SUR LE JOURNAL DE TRANCHEES

 

Le journal de tranchées est un objet à manipuler avec soin, car, on le constate rapidement, certains journaux n'ont qu'un rapport lointain avec les tranchées, les meilleurs sont animés par des «amateurs» plutôt professionnels et sont imprimés sur des presses modernes comme le journal français "Cambronne" ou l'allemand "Der Horchposten". Aucun hasard si les plus beaux journaux de tranchées sont produits par des membres du Corps des ingénieurs militaires.

 

La grande majorité sont réalisés avec des moyens de fortune, dans des conditions difficiles et ne représentent que quelques numéros comme "L'argonnaute", "le poilu", "L'Echo des marmites" ou "Les Bégonias".

Juste pour le côté français, on en compte déjà presque 500 journaux différents et le recensement dans les archives n'est pas fini.

La grande majorité sont français et allemands et même si ils sont moins nombreux et souvent écrits depuis des camps d'entrainement les journaux britanniques sont présents. Ces derniers sont surtout canadiens, en langue anglaise et rarement en français comme "The Listening Post", "In Out", "The Brazier" ou " La Vie Canadienne".

 

Qu'ils soient français, britanniques, canadiens ou allemands, ils ont des points communs , le peu de moyens pour les réaliser, une publication limitée dans le temps et en nombre de numéros, les sujets sont les mêmes : la vie dans la tranchée, le froid, la pluie, les ennemis, les armes, la bouffe, le repos, la permission, les femmes, les officiers et l'arrière et le tout écrit avec une plume trempée dans un humour féroce. Ils sont des témoins uniques d'une histoire, celle des combattants de la Première guerre mondiale.

 

Ils présentent une vision d'en bas, contrairement à la masse des archives officielles . Ils fournissent donc un contre-point essentiel aux sources officielles, entendu que l'on comprenne bien la liberté relative mais assez importante dont pouvait jouir les artisans de tels journaux, surtout ceux réalisés au front au sein d'une unité combattante et comprenant trois ou quatre numéros sur du mauvais papier.

 

L'humour est l'arme privilégiée dans les journaux de tranchées. Il est toujours cinglant voir féroce. La hiérarchie est la principale victime, mais on y trouve également la dénonciation de conditions de vie pénible, les plaisanteries sur la qualité des rations, la pluie et le froid abondent.

Revient également la satire d'un ennemi avec lequel on ne sympathise pas, malgré qu'au fond les soldats d'en face vivent dans des conditions semblables sinon pires. La satire n'épargne pas non plus l'allié, français et britanniques ne manquent de se moquer des travers des eux et des autres.

Les femmes et les embusqués sont deux autres thèmes dominants et il est évident que ces derniers sont haïs presque autant que l'ennemi.

 

S'il y a moins de mentions des combats - la réticence et les difficultés d'exprimer ce qui se passe durant une bataille se comprennent facilement, autant que le risque de censure - les journaux de tranchées sont bien l'expression de combattants qui se battent, souffrent et voient leurs camarades disparaitre.

On aurait donc généralement tort d'y voir un sentiment pacifiste, au contraire, le patriotisme et la haine de l'ennemi sont largement partagés, et si la critique est toujours présente, c'est moins la guerre comme mal absolu qui est dénoncée que l'incompétence des chefs militaires à mener des opérations trop dévoreuses de vies ou des politiques face à un conflit qu'ils n'ont pas su éviter. La représentation des embusqués le rappelle constamment.

 

 

 

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